Découvertes barcelonaises 2 – Pampelune, Gaza, Chick Strand, Movieset.com et Marika !
Il faut croire que la neige me manquait : j’ai filé pour quelques jours vers Pampelune (vous savez, la ville des courses de taureaux auxquelles même les jeunes de 16 ans peuvent participer !) pour vivre une vraie tempête à l’espagnole !

Surtout, j’y étais pour le festival de documentaires de Pampelune, Punto de Vista, un charmant petit festival qui en est à 6ème édition. La ville est relativement petite ce qui rend le festival très chaleureux. J’ai beaucoup pensé à la belle équipe du festival Regard sur le court-métrage au Saguenay (qui aura lieu du 10 au 14 mars !).
Deux choses ont retenu mon attention :
- la production espagnole To shoot an éléphant de Alberto Acre, un documentaire terrible qui a été réalisé dans la Bande de Gaza pendant les affrontements de la fin 2008. Une seule caméra est restée tout au long des 21 jours du conflit entre Israéliens et Palestiniens. Les terribles images captées par les seuls étrangers étant resté sur place nous sont ici révélées. En particulier, on y découvre le courage incroyable de l’équipe des ambulanciers du Croissant Rouge qui s’acharnent à sauver les civils. On réalise à quel point le désespoir brouille les cartes et laisse place à la haine… Autre fait intéressant : le film est sous licence Creative Commons (non commerciale) ce qui permet à chacun de nous de le télécharger, copier, remonter, réinventer. Ce choix délibéré du réalisateur et des productrices de la dynamique boîte de production basque Eguzki Bideoak a permis d’organiser un « global screening » sur le web le 18 janvier dernier (un an après la fin du conflit). À ce jour, près de 500 projections ont déjà eu lieu – dont 12 dans des festivals. À qui la chance au Québec ?

Bande-annonce de To shoot an Elephant sur Blip.tv
- les films de Chick Strand, l’une des premières réalisatrices américaines expérimentales. Elle est l’un des co-fondatrices de la Canyon Cinema, une coopérative de productions indépendantes. Elle est décédée en 2009 et tous ses films sont en 16 mm ce qui les rend malheureusement presque introuvables. Ce que j’ai trouvé particulièrement intéressant, c’est le jeu constant qu’elle cherchait à créer entre fiction et documentaire (comme quoi, on n’invente rien aujourd’hui !). Pour elle, la caméra était la prolongation de son corps. Elle ne faisait jamais de plans larges, cherchait toujours à placer son regard le plus proche possible du sujet qu’elle filmait. En particulier, j’ai beaucoup aimé son dernier film, Fake Fruits, sur les femmes qui fabriquent les fruits en papier mâché au Mexique.
En matière d’autres découvertes récentes, il y aussi la nouvelle plateforme Movieset.com qui permet de suivre au quotidien (et de soutenir financièrement) des productions en cours. Le film Daydream Nation, aussi appuyé par Téléfilm Canada grâce au Fonds des nouveaux médias du Canada, est la première production canadienne à figurer parmi les 10 films les plus suivis. Tiens, tiens, il n’y a que 68 documentaires ?
Et enfin, dans les choses à suivre, à ne pas manquer la nouvelle production webdocumentaire d’Arte Havana-Miami qui doit être lancée la semaine prochaine, dans la foulée de Gaza Sderot, la vie malgré tout. Durant trois mois, des deux côtés du Golfe du Mexique, des équipes locales produiront six vidéos par semaine autour de douze jeunes. Les productions seront régulièrement placées sur la nouvelle plateforme d’Arte consacrée au webdocumentaire, webdocs.arte.tv (en ligne le 22 février).
Et pour ceux qui ne seront pas à Montréal le 23 février pour l’atelier matinal « Fiction web interactive » dans le cadre des Rendez-Vous du Cinéma Québécois, voici un très bon petit film à regarder sur le projet de websérie interactive suédoise The Truth about Marika dont Véronique Marino va parler. J’attends impatiemment les billets de mes comparses blogueurs là-dessus !